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Myasthénie

 

 

Myasthénie



•      maladie auto-immune : liée à un blocage des récepteurs de la plaque motrice par des AC  anti-récepteurs de l’acétylcholine ou d’autres types d’anticorps (bloc post synaptique) 

•      la responsabilité du thymus est importante :

•      les récepteurs de l’acétylcholine des cellules myoïdes du thymus entraîneraient la stimulation d’anticorps contre les récepteurs de la jonction neuromusculaire ;

•      le thymus serait une source de LT helper stimulant la production de ces anticorps par les lymphocytes B

•      Elle atteint surtout des adultes entre 20 et 30 ans

 


DIAGNOSTIC CLINIQUE

•      souvent difficile et longtemps méconnu: (maladie déroutante)

•      Fatigabilité ou phénomène myasthénique: déficit moteur variable dans le temps qui :

•      apparaît ou augmente à l’effort

•      augmente en fin de journée

•      se corrige au repos

•      peut se manifester dans les muscles directement mis en action au cours de l’effort ou à distance d’eux

•      Ce déficit moteur est sélectif : il prédomine pour certains muscles

         1. Muscles oculaires et palpébraux

q Ptosis :

•      unilatéral au début, peut se bilatéraliser par la suite

•      il reste habituellement asymétrique.

•      Parfois à bascule

q Diplopie, le plus souvent intermittente.

q Ptosis et diplopie sont augmentés par la fatigue, la lumière, la fixation d’un objet.

q La musculature pupillaire est indemne.

 

                2. Muscles d’innervation bulbaire

q Troubles de la déglutition, de la phonation et de la mastication.

•      La voix : s’éteint progressivement, devient nasonnée puis inintelligible.

•      Troubles de la mastication: apparaissent au cours des repas, le sujet se trouvant parfois dans l’obligation de soutenir sa mâchoire inférieure avec sa main.

•      Troubles de la déglutition: rejet des liquides par le nez pouvant sérieusement entraver l’alimentation.

•      Une parésie faciale: faciès atone avec une amimie

q Fatigabilité des muscles cervicaux:

•      chute de la tête en avant

•      douleurs cervicales liées à un phénomène de contracture.

               3. Autres muscles

q Muscles des membres : l’atteinte prédomine sur les muscles proximaux, plutôt de la ceinture scapulaire.

q Muscles axiaux : extenseurs du tronc avec camptocormie (antéflexion progressive du tronc), muscles abdominaux. Difficulté à monter escaliers, démarche dandinante.

                  4. Muscles respiratoires : risque de décompensation rapide : GRAVITE +++

DIAGNOSTIC PARACLINIQUE

                                     1. Recherche des AC

q Anticorps anti-récepteurs de l’acétylcholine (anti-RAC) :

•      80 % positif : myasthénie généralisée et chez 50 % de ceux avec myasthénie oculaire

•      pas de corrélation entre le taux d’anticorps et la gravité de la maladie

•      le taux peut fluctuer en fonction de l’évolutivité de la maladie chez un même sujet

•      le taux est très élevé dans les thymomes malins

•      les formes sans anticorps anti-RAC détectés peuvent être liées à d’autres types d’anticorps (anti-MuSK) ou être une forme dites « séronégatives ».

q Anticorps anti-MuSK (protéine tyrosine kinase du récepteur) : 40 % environ des formes sans anticorps anti-RAC.

q Formes séronégatives : pas d’anti-RAC et pas d’anti-MuSK.

                            2. Recherche de décrément en ENMG

q Décrément : diminution de l’amplitude du potentiel évoqué musculaire (≥ 10 %) lors des stimulations répétées du nerf.

q Il apparaît pour des fréquences basses de stimulation (le plus souvent à 3 c/s) et pour la 4e stimulation

q La sensibilité dépend du territoire où on le recherche : plus sensible dans les territoires cliniquement atteints comme un muscle proximal (trapèze) ou facial.

q La sensibilité diagnostique ne dépasse pas 50 à 75 %.

                            3. Test thérapeutique aux anticholinestérasiques

q À pratiquer en hospitalisation seulement, par crainte d’une crise cholinergique

q Administration de néostigmine (Prostigmine®) : 1 à 2 amp. par voie SC de Prostigmine®, éventuellement associée à 0,5 mg d’atropine pour éviter les effets secondaires intestinaux et une bradycardie.

La régression ou la disparition des signes neurologiques si elle est franche et rapide (délai d’action inférieur à 30 minutes) à un grand intérêt diagnostique

4. Imagerie

q Le scanner ou l’IRM thoracique explore la loge thymique à la recherche d’un thymome, bénin ou malin, ou d’un thymus hyperplasique résiduel.

TRAITEMENT

1. Traitement symptomatique

•      Les anticholinestérasiques: prolongent l’action de l’acétylcholine au niveau de la membrane post synaptique par blocage réversible de l’acétylcholinestérase : Pyridostigmine (Mestinon®)      ambenonium (Mytelase®)

•      Posologie à augmenter progressivement jusqu’à la dose optimale (efficacité versus effets secondaires).

•      Durée d’action: brève (4 à 5 heures), nécessitant des prises répétées dans la journée.

•      Risque d’une crise cholinergique avec surdosage :

ü  effets muscariniques (hypersécrétion bronchique, intestinale, salivaire et sudorale)

ü  effets nicotiniques (fasciculations, crampes musculaires).

2. Traitements de fond

•      Corticothérapie à doses lentement progressives.

•      Immunosuppresseur : azathioprine (Imurel®) surtout, mycophénolate mofétil (Cellcept®).

•      Thymectomie : effet bénéfique sur l’évolutivité de la maladie, en particulier chez le sujet jeune de moins de 40 ans porteur d’une hyperplasie thymique ; également indiquée en cas de thymome.

3. Traitements des poussées évolutives

•      Immunoglobulines polyvalentes IV: 0,4 g/kg par jour pendant 5 jours

•      Echanges plasmatiques (efficacité équivalente).

4. Autres

•      Tout patient doit porter sur lui une carte de myasthénie et la liste des principaux médicaments interdits

•      La grossesse est possible sous anticholinestérasiques ; des poussées de la maladie sont possibles dans le postpartum.

 

 


عن الكاتب

Younes Belhadj larbi

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